Un tissu entrepreneurial à la peine mais une envie d'entreprendre intacte !

20/02/2026

Le Conseil national vient de publier le bilan national des entreprises 2025


Le Bilan national des entreprises (BNE) 2025, produit par le CNGTC, Infogreffe et Xerfi, révèle un état de santé du tissu entrepreneurial français préoccupant. Alors que les radiations explosent et que les procédures collectives atteignent un niveau record, les Français restent toutefois prompts à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale.

- Le Bilan national des entreprises 2025, publié par le CNGTC, Infogreffe et Xerfi, dresse un portrait contrasté du tissu entrepreneurial français.

- Dans un contexte économique difficile, les radiations d'entreprises bondissent de 46,4 %, tandis que les procédures collectives atteignent un niveau historique avec 63 112 ouvertures, soit 42 % au-dessus du niveau de 2019.

 - Pourtant, la France ne manque pas d'élan entrepreneurial : avec 634 416 immatriculations, les créations progressent de 7,7 %, portées notamment par les secteurs technologiques et de services.

- Ce paradoxe illustre une recomposition profonde du tissu économique, où la création d'entreprise se banalise tandis que la sélection s'intensifie.

 

Le boom des radiations d’entreprises (+ 46,6 %) n’épargne aucun secteur

En 2025, les chefs d'entreprise ont évolué dans un environnement particulièrement contraint, marqué par une demande intérieure atone, la fragilisation de plusieurs secteurs et par les droits de douane instaurés par l'administration Trump.

Dans ce contexte, et après une année 2024 marquée par une progression modérée (+ 9 %), le volume de radiations d'entreprises connaît une très forte accélération en 2025. 454 673 radiations ont été enregistrées au registre du commerce et des sociétés.

Parmi ces radiations, les radiations volontaires (décidées par le chef d'entreprise lui-même) représentent 40 % du total, tandis que les radiations suite à une procédure collective comptent pour 31,0 % des sorties. Les radiations d'office, décidées par le tribunal de commerce, ont quant à elles plus que doublé par rapport à l'année précédente.

Aucun secteur n'échappe à la hausse des radiations. Le secteur du transport et de l'entreposage apparaît particulièrement exposé, avec une hausse spectaculaire de 175 %, soit 63 571 entreprises radiées sur l'année. Le commerce (22,6 % des radiations totales) et les activités immobilières (12,6 %) complètent le podium des secteurs les plus touchés en volume.

Sur le plan territorial, aucune région métropolitaine n'échappe à la tendance. Les hausses les plus marquées sont observées en Provence-Alpes-Côte d'Azur (+ 71,2 %), en Île-de-France (+ 55,7 %) et dans les Hauts-de-France (+ 53,2 %). 

 

Procédures collectives : hausse modérée (+ 6,3 %) mais niveau record

Le nombre d'ouvertures de procédures collectives atteint un niveau historiquement élevé. Ainsi, en 2025, 63 112 entreprises  fait l’objet d’une ouverture de procédure collective par les tribunaux de commerce, soit une hausse de 6,3 % par rapport à 2024. Si cette progression est moins marquée que celle observée l'an dernier, elle confirme néanmoins la dégradation durable des conditions d'exercice des chefs d'entreprise. Fin 2025, le volume d'entreprises en difficulté demeure 42 % au-dessus de 2019.

La construction devient le premier secteur en difficulté : avec 13 577 procédures (21,4 % du total national), le secteur dépasse désormais le commerce (21,2 %) et s'impose comme le plus touché en volume, en progression de 7,5 % sur un an. Cette surreprésentation s'explique par l'exposition particulière du secteur aux conditions de financement et à la crise du logement neuf.

Certains secteurs apparaissent également particulièrement exposés :

- Le secteur de l'enseignement, de la santé et de l'action sociale enregistre une hausse de 31,2 % du nombre de procédures collectives

- L'hébergement-restauration représente 14,5 % des ouvertures, pénalisé par le ralentissement de la consommation des ménages

- À l'inverse, le secteur des activités immobilières (- 21,1 %) amorce une sortie de crise, bénéficiant du rebond des transactions dans l'ancien qui se sont rapprochées du seuil des 930 000 ventes (+ 10 % sur un an).

D'un point de vue géographique, l'Île-de-France concentre 25,6 % des ouvertures, devant Auvergne-Rhône-Alpes (12,4 %) et Provence-Alpes-Côte d'Azur (9,7 %).

Une création qui reste dynamique

La dynamique entrepreneuriale demeure soutenue en 2025 : le nombre d'immatriculations progresse de 7,7 % par rapport à 2024, atteignant le niveau record de 634 416 inscriptions. Cette croissance témoigne de la résilience du dynamisme entrepreneurial français et de la banalisation de la création d'entreprise, devenue plus accessible et souvent réversible.

Les entreprises individuelles restent les principales contributrices à cette dynamique et représentent 37,1 % des immatriculations totales (hors Moselle et Alsace).

Cette progression est généralisée sur l'ensemble du territoire : aucune région ne connaît de baisse des immatriculations. En métropole, l'Île-de-France se distingue comme la région la plus dynamique et consolide son statut de locomotive avec 30,1 % des immatriculations nationales (+ 3,7 points entre 2021 et 2025), loin devant l'Auvergne-Rhône-Alpes (11,9 %) et PACA (10 %).

Si certains secteurs sont particulièrement dynamiques, comme le secteur de l’information-communication (+ 25,2 %), qui tire parti des progrès de l’IA et de la data, d’autres restent à la peine, comme celui la construction (- 5,9 %) ou celui de l’agriculture, sylviculture et pêche (- 2,2 %).

Vous pouvez télécharger ici le bilan des entreprises 2025